Tradition et technologie

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Les bleuets sauvages sont récoltés commercialement au Canada et dans le Maine uniquement. Bon nombre de producteurs indépendants de bleuets sauvages sont des entreprises familiales qui existent depuis des générations. En fait, la plus ancienne a été fondée en 1874.

Le bleuet nain

Barren burning

Le bleuet sauvage (vaccinium angustifolium) est rebelle de nature : il ne peut pas être planté et cultivé selon les méthodes utilisées pour de nombreuses cultures commerciales. Contrairement aux bleuets cultivés, il se répand à l’aide de rhizomes (tiges souterraines) qui donnent naissance à de nouvelles racines et tiges. Toutes les nouvelles pousses issues d’un même réseau de rhizomes présentent des caractéristiques similaires et forment ce qu’on appelle un « clone ». Contrairement aux bleuets cultivés, les bleuets sauvages poussent uniquement à l’état sauvage, là où mère Nature les a semés.

Vive la diversité

Les champs et les landes de bleuets sauvages produisent un grand nombre de clones, ce qui explique les variations de couleur, de taille et de goût qui caractérisent les récoltes de ce petit fruit. Cette riche diversité produit également un puissant mélange de composés phytochimiques qui confère au bleuet sauvage son pouvoir antioxydant.

Culture et récolte des bleuets sauvages

Comme les bleuets sauvages sont naturellement bien adaptés aux sols acides et peu fertiles ainsi qu’aux hivers froids et rigoureux, leur production exige peu d’intrants et une gestion minimale. Les baies poussent selon un cycle de deux ans. Chaque année, la moitié des terres du producteur est gérée pour favoriser la croissance végétale tandis que l’autre moitié est préparée en vue de la récolte.

Pollinisation des landes

En mai, les producteurs importent un milliard d’abeilles commerciales pour aider celles présentes à l’état sauvage à polliniser les landes et les champs. De nombreuses espèces d’abeilles sont associées à la pollinisation des bleuets sauvages, dont les bourdons et les abeilles domestiques. Les abeilles sauvages sont d’excellentes pollinisatrices, et les producteurs de bleuets sauvages s’assurent de les protéger au moyen de pratiques de conservation.

Gestion de la récolte de bleuets sauvages

Après la récolte, qui commence à la fin de juillet et se poursuit pendant tout le mois d’août, les plants sont brûlés ou rasés.harvesting

Une part importante de la récolte se fait encore de façon traditionnelle, à la main, à l’aide de râteaux inventés en 1910. Qu’ils soient récoltés à la main ou mécaniquement, les bleuets sauvages sont triés, nettoyés et transformés dans les heures qui suivent la cueillette au moyen d’une technologie de pointe.

De bleuets sauvages frais à surgelés

Les producteurs utilisent des vanneuses dans les champs pour retirer les feuilles et les branches des petits fruits avant de les nettoyer et de les surgeler. Les bleuets sauvages sont surgelés séparément selon une méthode permettant de préserver rapidement le goût et la valeur nutritive de millions de baies. Les bleuets surgelés à l’unité peuvent demeurer au froid jusqu’à deux ans sans que leur goût ou leur valeur nutritive en soient affectés. Des trieuses optiques sont également utilisées pour ne garder que les bleuets de la plus grande qualité.

Gestion moderne de la production de bleuets sauvages

Les producteurs de bleuets sauvages adhèrent fermement aux meilleures pratiques agricoles. Ils ont recours à des techniques de gestion durable pour assurer la bonne santé des plants et protéger les champs de bleuets au profit des générations futures.

L’importance de la durabilité

Barrens at sunrise

Comme les bleuets sauvages ne poussent qu’au Canada et dans le Maine, ils résistent naturellement à de nombreux parasites indigènes. Les producteurs doivent tout de même prendre des mesures pour limiter les dommages causés par des facteurs environnementaux, comme les maladies, les sécheresses, les insectes et les conditions hivernales. En ayant recours à la gestion intégrée des cultures et à la lutte antiparasitaire intégrée pendant tout le cycle de culture, ils peuvent surveiller la présence de maladies et d’insectes pour réduire les dommages causés aux fruits sans nuire à l’environnement.

Retombées économiques grandissantes

Les bienfaits pour la santé des bleuets sauvages sont de mieux en mieux connus, et la demande pour ce superfruit antioxydant atteint des sommets à l’échelle mondiale. Le Canada est le plus gros producteur au monde de bleuets sauvages, dont la plupart sont cultivés à des fins commerciales au Québec et dans les provinces de l’Atlantique. En 2016, la production de bleuets sauvages a augmenté de 41,2 % pour se chiffrer à plus de 132 000 tonnes. Dans le Maine seulement, où plus de 40 000 tonnes de bleuets sauvages sont produits chaque année, la récolte a une valeur annuelle supérieure à 250 millions de dollars. Il ne fait pas de doute que les bleuets sauvages sont un moteur économique du « royaume du bleuet sauvage » que forment le Canada et le Maine.